Qui suis-je?

C’est en 2015 que j’ai obtenu mon diagnostic d’autisme Asperger. C’était l’évènement le plus significatif quant à mon développement personnel. C’était littéralement un moment d’ «Alléluia!». J’ai enfin su que je n’étais pas seule au monde, mais que je provenais simplement d’une espèce humaine singulière qui représente la minorité visible. Le diagnostic n’a rien changé à ma personnalité ou à mon fond intérieur, mais il a certainement mis un mot sur le tourment intérieur que je vis depuis l’enfance.

Le pouvoir de mes forces est à mes yeux, supérieur à celui de mes faiblesses et je considère que d’être comme je suis, pour le meilleur et pour le pire, est une opportunité que la vie m’a offerte. Bien que cette différence vienne avec des embuches continuelles, c’est aussi en partie grâce à elle que je dois plusieurs de mes succès.

Entrevue avec Mylène Lavoie de Pause Lecture

EN APPRENDRE PLUS SUR TANYA IZQUIERDO PRINDLE

Tanya Izquierdo Prindle veut sensibiliser la société au Syndrome d’Asperger. Elle est elle-même touchée par ce syndrome. Après la publication d’un roman en 2016 «Les confessions de Juliet Madyson» (Éditions La semaine), elle lance ce printemps un guide du syndrome de l’Asperger.

 

En quelques mots, dites-nous pourquoi on devrait absolument lire votre guide ?

Ayant un fils autiste Asperger et l’étant aussi moi-même, j’ai écrit l’ASPERGUIDE dans le but d’essayer de faire comprendre aux gens que les différences neurologiques telles que l’autisme représentent un avantage immense pour une société, la nôtre. Si on arrivait à apprendre comment communiquer entre nous et interagir, notre société serait immensément plus riche. C’est bien qu’on aide les personnes autistes et qu’on leur donne des ressources, mais il serait temps que les personnes non-autistes aussi commencent à déployer des efforts afin d’être en mesure de mieux communiquer avec nous. La communication se fait à deux et on ne pourra évoluer optimalement en tant que société tant que nous n’aurons pas compris collectivement que la façon de communiquer des personnes autistes n’est pas moindre que celle des non-autistes. Lire l’Asperguide aidera le lecteur à mieux comprendre les personnes autistes Asperger. La personne qui lit ce livre pourrait aussi être portée à réfléchir et à comprendre un proche autiste ou même elle-même, si elle présentait des traits autistiques.

Vers quel âge avez-vous commencé à écrire ?

J’ai commencé à écrire vers les 20 ans. L’élément déclencheur: je devais absolument me libérer de mes pensées qui tournaient sans cesse dans mes lobes frontaux(cerveau), tel un tourbillon de remous au bas d’une chute impressionnante. Ainsi, je me suis tournée vers l’écriture et je n’ai jamais arrêté. C’est elle qui me garde saine d’esprit.

Avez-vous un rêve d’écrivain ?

Par mes écrits, avoir une influence positive majeure qui pourrait significativement faire une différence dans la perception et l’acceptation des gens qui représentent la neurodiversité. Entre autres, les personnes autistes. Je rêve de voir mon ouvrage faire le tour du monde et de ce fait même, faire évoluer la perception de la société face à l’autisme: une forme humaine singulière qui contribue à la beauté et à la richesse de la diversité de l’espèce humaine.

De quoi êtes-vous le plus fière dans vos accomplissements ?

Je n’ai pas le temps d’être fière. Une fois un défi accompli, la fierté n’a pas le temps de s’installer puisque du jour au lendemain, je suis déjà passée à une nouvelle mission. Je retombe à 0 et je travaille sur ce nouveau défi, comme si je n’avais jamais rien accompli auparavant. La fierté est selon moi un sentiment futile qui peut même ralentir quelqu’un au lieu de le faire évoluer.

Si vous pouviez changer de vie pour 24h avec celle d’un de vos personnages, qui choisiriez-vous et pourquoi ?

Juliet Madyson est mon alter ego alors je choisirais d’être dans sa peau, puisque je serais libre d’être moi-même, sans aucune inhibition.

Avez-vous une idole, un mentor ou une personne que vous aimez beaucoup et qui travaille dans le milieu du livre ?

Ce n’est ni mon idole ni mon mentor, mais J.K. Rowlling: l’écrivaine derrière l’empire Harry Potter est pour moi une grande source d’inspiration. Petit fait intéressant: Pendant qu’elle écrivait son premier Harry Potter, elle était mère mono parentale, vivant au merci de l’aide sociale. Son premier manuscrit pour Harry Potter a été refusé 12 fois avant qu’elle obtienne finalement un  »oui » d’une maison d’édition réputée. Elle est aujourd’hui une des citoyennes les plus fortunées au Royaume-Uni et la première auteure dans le monde à atteindre une valeur nette de 1 milliard de dollars. De constater d’où est elle partie pour en arriver à un succès si flamboyant, c’est à mes yeux tout à fait épatant, renversant et…inspirant.

L’écriture pour moi c’est…

Une thérapie, un besoin essentiel. Vivant avec le syndrome d’Asperger, mon cerveau est rarement en situation d’accalmie. Des pensées, des idées et même des conversations avec moi-même tournent sans cesse dans mon cerveau et ce surtout lorsque j’ai un sujet particulier auquel je m’intéresse intensément. Alors, d’écrire ces pensées c’est de libérer mon cerveau de ces dernières qui sans cesse tourbillonnent dans mon esprit. Pour ce qui est de mon premier roman, Les confessions de Juliet Madyson: Écrire ce roman fût aussi une réelle thérapie pour moi mais à un autre niveau. L’auto-dérision est à mes yeux, la façon la plus efficiente et saine d’apprendre à s’assumer, s’accepter et même à s’aimer soi-même et ce, pour le meilleur et pour le pire. Du moment où on commence à être apte à rire de soi-même, notre souffrance s’estompe. Mon style d’écriture, c’est-à-dire, d’écrire d’une façon à faire ressortir l’humour d’une situation qui au contraire était angoissante ou même négative à la base, c’est pour moi, d’éteindre à jamais les émotions négatives qui y sont liées.

Quelle est votre routine d’écriture ?

Pour écrire, j’ai une routine très rigide de laquelle il m’est impossible de déroger. Je dois avoir plus ou moins 3 heures au minimum devant moi, seule dans la maison pour être apte à écrire. C’est-à-dire, sans mari et progéniture. Les rideaux fermés, dans mon bureau, devant mon ordinateur, dans le silence total. Si un imprévu intempestif survient et que je dois cesser d’écrire, il me sera alors impossible d’y revenir pour la session d’écriture.

Quelle est votre citation préférée ?

Il n’y a que deux choses d’infinies: l’univers et la bêtise humaine bien que dans le premier cas, je n’en ai pas encore la certitude absolue. -Albert Einstein

Film préféré ?

The Godfather

Série télé préférée ?

Bones et Dr. Who

Chanteur préféré ?

Andrea Bocellli

Groupe de musique préféré ?

Les orchestres symphoniques

Animal préféré ?

L’humain

Sport préféré ?

Tennis

Mets préféré ?

Sushi

Le livre ou le film ?

Le film

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