Aspie: le nouveau genre humain (partie 1)

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Article paru au huffington Post Québec en février 2016

 

L’aspie pourrait être le nouveau genre humain. Un nouveau code génétique amélioré générant des sens surdéveloppés, un esprit qui reconnaît des patterns, qui voit des choses que les neurotypiques ne seraient pas en mesure de décoder, et cela même si on les leur pointait du doigt. Un esprit créant des liens machinalement, sans chercher, ni même y penser volontairement. Un esprit qui possède une inébranlable passion innée pour l’apprentissage et une curiosité intellectuelle incommensurable.

Bien que ce nouveau genre humain puisse sembler impressionnant à bien des égards, notre monde est-il prêt pour lui? Les normes sociales étroites d’aujourd’hui les font certainement se sentir exclus, au lieu de les accueillir à bras ouverts et avec acceptation. L’aspie concentrera tout son esprit sur l’apprentissage de nouvelles choses, de nouveaux concepts et n’acceptera pas de ne pas comprendre quelque chose. Ils deviendront des pionniers dans le ou les domaines par lesquels ils sont passionnés, au lieu de mettre leur énergie à tenter de se faire accepter socialement, puisque pour eux, l’aspect social de la vie n’a pas d’importance car celui-ci n’amène aucun bénéfice à leur recherche, leur soif de savoir.

Il est sous-entendu ici que certaines personnes atteintes du syndrome d’Asperger ont besoin de plus d’encadrement et d’attention en raison d’une certaine difficulté à fonctionner efficacement de leur propre chef dans notre réalité quotidienne. Il existe plusieurs niveaux d’Asperger, et les aspies ne nécessitent pas tous la même attention. Dans ce texte, il est question de l’aspie qui ne requiert aucun soutien particulier pour bien s’intégrer dans la société. Cet aspie est apte à contribuer de façon autonome et efficace à notre collectivité.

Alors que ce nouveau genre humain semble être une des clés pour trouver des réponses aux mystères de la vie et de l’univers dans lequel on vit, l’école et la société tentent de modeler ces merveilleuses créatures, en essayant de les faire entrer dans le même moule que tous les autres, indépendamment de leurs particularités, afin qu’ils deviennent des citoyens identiques aux autres.

Et si nous apprenions à chérir ces merveilleuses différences et à les nourrir, au lieu de les identifier comme étant un problème et de mettre en œuvre des moyens pour les étouffer ?

Afin de mieux saisir le sens de ce propos, imaginez les grandes œuvres d’art qui marquèrent leur époque, celles qui ont amené de nouveaux courants dans le domaine des arts. Que serait-il advenu si on avait pris toutes les œuvres de Picasso, de Dali, de Van Gogh, etc., et que nous les avions altérées dans le but de les rendre conformes à la réalité, afin qu’elles correspondent aux attentes, aux normes alors en vigueur dans le domaine des arts à leur époque ?

Imaginez quelle tragédie cela aurait été. Nous ne serions pas, aujourd’hui, munis de ces magnifiques œuvres d’art qui inspirent et qui ont changé, chacun à leur façon, le monde des arts. Pourtant, c’est ce qu’on fait aujourd’hui aux aspies, dans nos sociétés modernes, dès le moment où leur différence est identifiée et qu’on met en place des mécanisme pour les «conformer» à la société, et cela sans se questionner sur les conséquences de ce manque de reconnaissance et de compréhension sur la personne qu’est l’aspie.

Rien n’arrive pour rien. Il ne peut s’agir que d’une simple coïncidence que certains humains soient nés avec ces capacités étonnantes. Essayer de changer et modeler ces derniers afin qu’ils deviennent comme les autres pourrait être une des plus grandes tragédies créée par l’humain. Une perte totale de ce qui était censé être.

 

Moi autiste Asperger – Le blogTanya Izquierdo Prindle

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