La prophétie auto-réalisatrice, une triste réalité pour plusieurs personnes neurodiverses

Ici, j’aimerais aborder entre autres, un terme qui est couramment utilisé lorsqu’on parle de l’intelligence de certaines personnes autistes : la déficience intellectuelle.  Ce terme est péjoratif et selon moi, biaisé.

Comme plusieurs études l’ont démontré au fil des ans, les tests de QI normalisés tels que le WAIS-4, sont préjudiciables à l’intelligence singulière des personnes autistes. Non seulement sont-ils biaisés au niveau de la culture, mais ils le sont aussi  puisqu’ils penchent en faveur de la neurotypie (neurologie neurotypique). Les personnes autistes utilisent des stratégies visuelles pour résoudre des tâches et ont donc des difficultés lorsque lesdites tâches ne peuvent être résolues qu’en utilisant la verbalisation (Kunda, M., & Goel, A. K. (2011)). C’est pourquoi le test Les Matrices Progressives de Raven est davantage adapté au fonctionnement cognitif des personnes autistes. Ce dernier mise sur les capacités de visualisation tandis que le WAIS est presque entièrement verbal. Alors que les personnes neurotypiques ont généralement un score semblable au WAIS et aux Matrices progressives de Raven, quant à elles les personnes autistes ont généralement un score plus élevé au MPR qu’au WAIS (Bolte et al., 2009, Mottron, 2004).

Ces études sont selon moi immensément significatives quant à la notion


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suggérant que les personnes autistes sont munies d’une intelligence différente de celle des neurotypiques.

Ainsi, de définir l’intelligence des personnes autistes selon les mêmes critères d’évaluation que l’on utilise pour mesurer l’intelligence des personnes neurotypiques serait analogique à ceci : faire passer un examen de français à une personne espagnole (qui ne parle pas français) et à une personne française et de comparer leurs résultats selon les même critères d’évaluation par la suite. Évidemment, la personne espagnole aurait de grandes lacunes comparativement à la personne française et serait déclarée comme non fonctionnelle et inapte au niveau de la communication. Ceci étant dit, la personne espagnole est loin d’être incapable de communiquer, elle utilise tout bonnement sa langue maternelle pour le faire: l’espagnol.

La personne autiste est munie d’une intelligence, selon les critères basés sur sa neurologie distincte et la personne neurotypique est munie d’une intelligence selon les critères basés sur sa neurologie à elle. Il faut cesser de comparer les deux, puisque c’est tout bonnement impertinent, inefficient et nuisible pour les personnes autistes; tout comme cela le serait pour les neurotypiques si on inversait les rôles.

Somme toute, le terme «déficience intellectuelle » est à mes yeux, non applicable à la personne autiste si il est déterminé en fonction des mêmes critères d’évaluation utilisés pour mesurer ou qualifier l’intelligence des personnes neurotypiques. La question que je me pose quand j’entends dire qu’une personne autiste est déficiente intellectuelle est la suivante: est-elle véritablement déficiente intellectuellement ou simplement déficiente quant à son niveau d’intelligence neurotypique? La nuance est d’une importance cruciale…

Selon mon humble opinion, le problème majeur avec ce terme est que l’on étiquette  la personne autiste de «déficient intellectuel »; imaginons l’enfant autiste qui débute sa vie, dès lors on annonce à son entourage qu’il est en quelque sorte démuni de potentiel intellectuel en le qualifiant ainsi… C’est à ce moment où la prophétie auto-réalisatrice s’enclenche naturellement. Cette notion que l’on apprend en cours de psychologie est ainsi définie :

 Une prophétie auto-réalisatrice représente une affirmation qui modifie des comportements de telle manière qu’ils font survenir ce que la prophétie déclare. Ce qui n’était qu’à la base une possibilité parmi plusieurs, devient réalité, au travers l’autorité de celui ou celle qui déclare la «prophétie ».

Lorsque l’on pose sur la personne autiste cette étiquette de déficience intellectuelle, implicitement les gens autour d’elle la traiteront «comme si elle était déficiente ». Une grande partie de l’entourage de cette personne tel que certains professeurs,  intervenants, oncles, tantes et parfois même ses parents  se seront fait convaincre que son intelligence est déficiente. Comment alors l’encourager et croire en elle, en ses capacités, si on a déjà abandonné ou presque l’idée qu’elle est munie de potentiel.

Évidemment, oui il faut demeurer réaliste quant à la réalité d’une personne. C’est-à-dire: de constater, considérer et discuter des difficultés présentes. Cependant, il faut demeurer vigilant en focalisant davantage sur les forces de ces  personnes, afin d’être en mesure d’utiliser les outils appropriés à chacun des types neurologiques. Il faut faire preuve de discernement. De savoir dire : alors son fonctionnement neurologique n’est point neurotypique et ne le sera jamais, alors concentrons nous sur le positif de sa neurologie distincte afin de lui permettre de maximiser son potentiel… Au lieu de focaliser sur ce qu’elle n’a pas.

Somme toute, il faut tâcher de ne pas générer de prophéties auto-réalisatrices pouvant devenir destructrices, en ne considérant pas l’individualité et la singularité d’une personne… Qu’elle soit autiste ou non. En fait, ceci est applicable pour tous les termes réducteurs qui sont préjudiciables à la personne visée par lesdits termes. Le mot «trouble » par exemple, nous le retrouvons dans le :

➡Trouble du spectre de l’autisme

➡Trouble déficitaire de l’attention (TDA/H)

➡Trouble d’hyperactivité

Etc.

En définissant une personne de la sorte; comme ayant un «trouble »,  nous affectons directement la façon dont elle est perçue et systématiquement la façon dont elle sera traitée par plusieurs acteurs présents dans sa vie. Trop souvent, la prophétie auto réalisatrice s’avère destructrice et  devient une triste réalité pour ces personnes neurologiquement différentes.

À la fin, cette prophétie auto-réalisatrice n’est point une prédiction mais bel et bien une création.

Malheureusement, le système d’éducation n’étant point adapté pour les personnes qui représentent les neurologies qui divergent de la neurotypie, un «trouble » est souvent généré. J’en conviens. Ce « trouble » est bien réel et c’est pourquoi il faut continuer de faire diagnostiquer nos enfants tôt, dans la mesure du possible. Il existe cependant une nuance importante à discerner quant à ces troubles:

«Le trouble est souvent une illusion de «trouble», engendrée par la négligence du système d’éducation face aux personnes qui ne représentent pas la neurotypie. »

Tanya Izquierdo Prindle

 

Cela dit, toute bonne chose a un début et je crois que la disparition de ces termes dans la terminologie usuelle, pourrait fort probablement représenter les premiers balbutiements vers l’acceptation et l’inclusion de toutes les formes cognitives distinctes dans la société.

 

Pour terminer, la citation d’Albert Einstein résume en une seule métaphore ce qui est énoncé dans ce texte :

« Si on juge un poisson par sa capacité de grimper dans un arbre, il passera sa vie entière à croire qu’il est stupide. »

 -Albert Einstein

La pensée du jour

« La prophétie auto-réalisatrice peut aussi être de nature constructive et ainsi avoir un impact positif sur l’avenir d’une personne. Réformons la terminologie liée aux différentes formes cognitives et rendons la prophétie auto-réalisatrice une heureuse réalité pour les personnes non neurotypiques.»

Tanya Izquierdo Prindle

Auteure

 


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L’autisme une souffrance invisible

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L’AUTISME INDISCERNABLE

 

« Une personne autiste qui ne paraît pas autiste, est passée maître dans l’art d’imiter les comportements humains observables. Mais détrompez-vous, car sous ces apparences illusoires, repose un être humain muni d’une neurologie autistique des plus pures. »

-Tanya Izquierdo Prindle

À PARAÎTRE MARS 2017

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Intérêt restreint? Non, c’est ce que l’on appelle communément: une passion

12h02, j’arrive au restaurant de sushi pour y rencontrer des amies. Nous attendons notre commande quand soudainement, je  regarde au loin… assis sur une banquette, Luka le fils d’une amie y est, paisiblement. Il joue à un jeu sur son téléphone et je ne sais pourquoi, mais je me sens attirée vers lui. Instinctivement, je sors mon cube Rubik que j’avais par hasard cette journée-là dans ma sacoche et je vais m’asseoir à ses côtés. Je le regarde et lui demande s’il connait ce fameux cube Rubik. À mon grand enchantement, il lève les yeux et me dit, tout en sortant le sien de son sac, : «  Mais oui regarde, j’ai aussi le mien avec moi! ». Je ne sais si c’est parce que je me suis vue en lui que je me suis dirigée de cette manière vers lui, mais clairement il y avait quelque chose là. Bref, petit Luka se met à tourner mon cube de tout bord tout côté et l’achève en un rien de temps. Fascinée de voir Luka qui n’a que 12 ans, maitriser le cube comme s’il était une extension de lui-même, je me suis soudainement transportée à l’époque de ma vie où j’ai commencé à faire du cube…

J’avais 23 ans, j’étudiais à l’Université de Montréal et j’habitais un petit appartement tout près de ladite université. Venant tout juste d’être témoin d’un « magicien » qui achevait le cube Rubik en un rien de temps, avec un bandeau sur les yeux et en complétant la dernière série de manipulations derrière son dos, j’ai été frappée. En voyant cela, en premier lieu, je me suis dit émerveillée : « Wow mais c’est incroyable! ». La systématisation à alors été enclenchée dans mon cerveau, générant que la deuxième chose que je me suis dit est : « Alors son bandeau n’est évidemment pas opaque et il a mémorisé la dernière série de manipulations pour être en mesure de le terminer derrière son dos… ». Finalement, je me suis dit : « Moi aussi je vais le faire! ».

Évidemment, je savais ce qu’était ce fameux cube Rubik, c’est une icône quoi, mais je n’en avais jamais fait auparavant. En une fraction de seconde, le cube est devenu ma priorité numéro 1. Je devais apprendre à le faire, là tout de suite. Je suis allée m’acheter un cube Rubik et tous les jours je pratiquais assidûment. Je le portais toujours avec moi. Du moment que j’avais une petite minute, je le sortais, que ce soit au travail, dans une file d’attente ou parmi des humains insipides. Évidemment, ce ne fut pas très long avant que je réussisse à le faire aisément, quelques jours quoi…mais j’avais maintenant un nouvel objectif en tête : je devais atteindre un certain record de temps. Cette obsession si intense pour le cube a duré quelques mois : le temps que je réussisse à atteindre mon propre record de 2 minutes et quelques secondes, que je réussisse à faire mon dernier algorithme de 22 étapes les yeux fermés aisément et finalement le temps que je passe à une nouvelle passion.  Évidemment, mon record est pitoyable à côté de ceux qui ont un record de 28 secondes aux compétitions de cube internationales, mais considérant le peu de temps que j’ai mis à pratiquer avant d’atteindre mon deux minutes, je n’étais pas si déçue de mes résultats. J’avais dessiné sur le mur de mon logement un énorme cube Rubik et des algorithmes liés à la résolution du cube. Voir ce mirifique cube en me réveillant tous les jours me faisait du bien. J’avais trouvé en ce cube, un réel sentiment d’attachement, un sentiment de réconfort et de bien-être. C’était moi et mon cube. C’était un des moments de ma vie les plus mémorables. D’ailleurs, dans mon roman Les confessions de Juliet Madyson, paru en 2015 : Juliet, la personnage principale aborde le sujet de son fameux cube.  Bien que soit un roman dit « fictif », je peux vous confirmer solennellement que l’intérêt de Juliet pour son cube est un fait vécu et n’a donc point été romancé.

Les neurotypiques ressentiront de tels sentiments plutôt envers les humains : des amis ou des proches…oui je sais, ces humains sont à la fois énigmatiques et gravement irrationnels. Pour ma part, ces sentiments, bien que je les ressente, seront plus orientés vers des objets ou des sujets particuliers qui me passionnent à un moment précis. Ironiquement, ce sont ces « choses » qui m’ont toujours fait sentir moins seule dans ma vie…Beaucoup plus que les humains qui m’entourent ou m’entouraient.

Étant autiste Asperger, cet intérêt profond pour mon cube Rubik serait sans doute représenté par les fameux « intérêts restreints ». Nonobstant cette terminologie péjorative, si pour moi c’était une source de bonheur et de bien-être que d’être si attachée à mon cube, c’est ce qu’on appelle tout bonnement: une passion. Un vif intérêt pour quelque chose quoi… Cela dit, s’il est pertinent de dire que ces passions inébranlables qu’ont les personnes autistes sont des intérêts restreints, alors il est d’autant plus pertinent de dire que la socialisation représente un « intérêt restreint » chez les personnes neurotypiques. Tout repose dans la perception des êtres humains…

Voici les avantages de m’attacher à un cube Rubik plutôt que de m’attacher à un humain :

☑ le cube Rubik ne me jugera jamais, même si je le lance de toutes mes forces;

☑ le cube Rubik est muni d’une logique inébranlable;

☑ le cube Rubik n’a pas besoin de se faire rassurer et ce même si je le lance de toute mes forces;

☑ le cube Rubik peut être caché au fond d’un tiroir quand on a plus envie de jouer avec lui;

☑ Le cube Rubik ne se sentira pas offusqué parce que je l’insulte;

☑ Le cube Rubik ne sera jamais jaloux de ma personne, même s’il sent que je suis sur le point de le vaincre;

☑ Je n’ai qu’à mettre de l’huile dans ses articulations lorsque je trouve qu’il ne pas bien.

Voici les désavantages de m’attacher à un cube Rubik plutôt que de m’attacher à un humain :

☑ cette section est un canular, il n’y a strictement aucun désavantage❗

 

Bref, cette situation de nostalgie que j’ai vécu avec Luka, m’a redonné envie de faire du cube et depuis, j’ai recommencé à le trainer avec moi assidûment. Il repose ainsi en tout temps dans ma sacoche, aux côtés de mes effets personnels indispensables : mon poivre de cayenne, ma balle de tennis à l’odeur exquise que ma psychologue m’a un jour conseillé de trainer avec moi afin de la sentir pendant des moments d’anxiété intense, mon masque de ventilation artificielle « au cas où » quelqu’un avait besoin de RCR, mes 20 bandages médicaux entourés d’un élastique « au cas où » ainsi que de mes chauffe-mains de charbon actif « au cas où».

Pour en savoir plus sur Luka cliquez ici⬅
À venir prochainement : Comment j’en suis venue à l’idée de « construire un télescope! ».🔭
Tanya Izquierdo Prindle
Moi autiste Asperger – Le blog

 


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Les confessions de Juliet Madyson-Moi, ma progéniture et leur géniteur

Un roman hilarant inspiré de ma personnalité en tant qu’autiste Asperger, vivant dans un monde neurotypique.

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MES 10 CITATIONS COUPS DE COEUR SUR L’AUTISME

Voici mes 10 citations coups de coeur sur l’autisme

(Les citations sont des traductions libres de moiautisteasperger.ca)

1.Ça prend un village pour élever un enfant. Ça prend un enfant autiste pour éveiller la conscience du village

Elaine HallFondatrice et directrice créative de The miracle Project

2.Une question qui me rend parfois nébuleux: est-ce moi ou les autres qui sont fous? ”

-Albert Einstein, Physicien théoricien allemand

3.Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson par son habilité à grimper dans un arbre, il passera sa vie entière à croire qu’il est stupide. ”

-Albert Einstein, Physicien théoricien allemand

4.Je n’ai aucun talent particulier. Je ne suis que passionnément curieux. ”

-Albert Einstein, Physicien théoricien allemand

5.Ce n’est pas que je suis si intelligent. Mais simplement que je demeure sur une même question plus longtemps. ”

-Albert Einstein, Physicien théoricien allemand


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6.“ Il n’est jamais trop tard pour élargir l’esprit d’une personne autiste. ”

-Temple Grandin, Docteure en sciences animales, auteure et conférencière renommée

7.Qu’arriverait-il si le gène relié à l’autisme était éliminé? Nous aurions une bande d’humains debout dans une cave, qui socialisent et bavardent futilement. 

-Temple Grandin, Docteure en sciences animales, auteure et conférencière renommée

8.Si vous avez rencontré une personne autiste, vous avez rencontré une personne autiste.

-Stephen Shore, Photographe américain renommé

9.Le comportement c’est la communication. Changez l’environnement et les comportements changeront.

-Lana David, Fondatrice de Autism Unites

10.“ L’autisme ne peut me définir. Je définis l’autisme.”

-Kerry Magron, Auteur et conférencier national

Laquelle de ces citations vous parle le plus? Commentez en bas…

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Les confessions de Juliet Madyson-Moi, ma progéniture et leur géniteur

Un roman hilarant inspiré de ma personnalité en tant qu’autiste Asperger, vivant dans un monde neurotypique.

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Le Guide d’emplacement stratégique au restaurant – de mon alter ego, Juliet Madyson


Au travers cet article, je vous présente en quoi consiste mon tout premier roman. Un roman, que j’ai écris en 2014, sans savoir ce qu’était le Syndrome d’Asperger, puisque ce n’est qu’en 2015 que j’ai commencé à faire mes toutes premières recherches sur le SA.

 

«Écrire ce roman fût une réelle thérapie pour moi. L’auto-dérision est à mes yeux, la façon la plus efficiente et saine d’apprendre à s’assumer, s’accepter et même à s’aimer soi-même et ce, pour le meilleur et pour le pire. Du moment que l’on commence à être apte à rire de soi-même, notre souffrance s’estompe… Mon style d’écriture, c’est-à-dire, d’écrire d’une façon à faire ressortir l’humour d’une situation qui au contraire était angoissante ou même négative à la base, c’est pour moi, d’éteindre à jamais les émotions négatives qui y sont liées.»

Tanya Izquierdo Prindle

Le plus fascinant dans tout cela, est que lors de l’écriture de ce roman, je ne savais pas ce qu’était, le syndrome d’Asperger. J’ai été diagnostiquée 8 mois après la remise finale du manuscrit. Pourtant, ne sachant pas que j’étais Asperger et n’ayant littéralement jamais entendu parler de ce syndrome, le livre est parsemé d’anecdotes qui corrèlent intégralement avec le Syndrome d’Asperger. De constater à quel point mes traits autistiques étaient palpables et ce, sans même avoir une idée minimale de ce que c’était, d’avoir des traits autistiques…c’est ce qui me fascine le plus dans tout mon parcours.

Ledit roman est fictif et inspiré de la vision que j’ai, du monde qui m’entoure.

Je vous présente ici, un extrait du livre:

Le guide d’emplacement stratégique au restaurant

 


Ne ressentant pas nécessairement de sentiment d’appartenance par rapport à mon sexe, au niveau de ma pensée et de mes processus cognitifs, ce livre est dédié tant aux hommes qu’aux femmes.

Juliet a des tendances paranoïaques
et elle détient la clé de la vérité absolue.
Juliet elle, se trouve très normale
et est hypocondriaque.
Pas très douée socialement,
elle a un don: celui de rendre les humains déments.
Juliet n’aime pas les abeilles,
elle n’aime pas le temps des fêtes, ni son anniversaire et les chats.
Juliet aime son télescope, son cube rubik et sa boite japonaise secrète à 14 étapes…
et elle aime aussi ses enfants.
Juliet n’aime pas les compliments, ni le vent,
mais elle aime(un peu trop) la charte des droits et libertés de la personne.

Malheureusement pour ses voisins qui avaient un chien, qui abusait de ses cordes vocales…

Juliet Madyson est mon «alter ego».

Juliet décrit en détail, les péripéties qu’elle vit dans son quotidien. Les textes du blog Moi autiste Asperger, représentent la version non-fictive de ce roman.

Voici un extrait du roman:

«Guide d’emplacement stratégique au restaurant »

de
Juliet Madyson
dans
Les confessions de Juliet Madyson.

 

 

 

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***À paraître en mars 2017 aux Éditions La Semaine***

ET AUSSI…

Les confessions de Juliet Madyson-Moi, ma progéniture et leur géniteur

Un roman hilarant inspiré de ma personnalité en tant qu’autiste Asperger, vivant dans un monde neurotypique.

Quand la fixation sur les détails prend le dessus

14h32, je suis au travail, dans mon petit coin de paradis. C’est-à-dire; dans mon bureau, retirée de toute circulation humaine, bien au chaud, avec une seule minuscule fenêtre au mur, couverte d’un rideau 100% opaque pour être bien certaine de filtrer toute luminosité naturelle ayant la prédisposition horripilante d’atteindre mes globes oculaires. Je dois appeler la compagnie de télécommunication avec laquelle on fait affaire,  pour payer l’état de compte de l’entreprise. Je me prépare mentalement. Hop! Je prends le téléphone! Je compose le numéro. J’analyse méticuleusement les 32 options qui s’offrent à moi, d’étape en étape. Je m’assure de choisir les bonnes options afin de réduire le risque d’être potentiellement transférée de nouveau après 18 minutes d’attente, à une autre ligne où il y aura aussi 18 minutes d’attente. Ça y est, je me fais transférer à la ligne de paiement de compte. Mission accomplie. Après une attente interminable de 197 secondes, un jeune homme répond. Nous effectuons la transaction. Le temps est venu de procéder à l’étape finale de la procédure transactionnelle. Je demande au gentil jeune homme, quel est son nom dans le but prévoyant de noter au dossier les informations pertinentes en cas de: faille dans leur système de paiement, faille dans leur système informatique à grande échelle, faille dans le lobe frontal du cerveau de l’employé lors de la prise du paiement ou toute autre situation pouvant me porter préjudice ultérieurement.

Il me répond :

<<Mon nom est Phélippe.

Alors je l’épelle à voix haute pour être certaine de bien saisir la donnée:

D’accord, alors P-H-É-L…

Il me coupe la parole et dit :

Non madame, c’est Ph«é»lippe, c’est un «i» après le «h».

Sous le choc, je prends un moment pour régulariser mes pensées, ensuite je réponds :

Mais monsieur, vous venez encore de dire Ph« ÉÉÉ»lippe…vous n’avez pas dit Ph«iiii» lippe.

Moment de silence

Moi :

Allo?

Lui d’un ton aussi sec que les biscuits de ma grand-mère qui datent d’avant sa mort en 1997 :

Avez-vous noté mon nom Madame?

Moi :

Et bien j’essaie, mais je suis confuse vous voyez? Vous persistez à dire Ph«ééé»lippe…si votre nom s’écrit Ph«i»lippe, avec un «i», ne devriez-vous pas dire  Ph«i»lippe?

Moment de silence plus froid que l’azote liquide utilisée dans le domaine médical afin de conserver des cellules et tissus humains.

Le silence se poursuit…

Le pauvre semble être en profond déni. Il est vrai que ce doit être bouleversant de se rendre compte que nous sommes ignorants quant à la prononciation adéquate de notre propre nom, alors je continue :

Bon et euh… c’est un «L» ou deux «L»?

Lui :

UN «L» Madame.

Moi :

Et un «p» ou deux parce que ça aussi ça porte à confu….

Il me coupe la parole :

Deux «p» Madame!

Mission accomplie. Son nom est écrit. Je rétorque :

D’accord Ph«i»lippe, merci et bonne journée!

Lui sur un ton fielleux:

Au revoir MADAME.>>

 

Je suis complètement déconcertée. D’une part; je viens indubitablement d’être promue sur la liste d’ennemis d’un humain, et ce, sans le vouloir.  Et pire encore, j’ai pris conscience d’un illogisme insondable qui changera à jamais ma perception du prénom «Philippe». Combien de Philippe dans ce monde se présentent en débitant qu’ils s’appellent Ph«é»lippe. C’est perturbant. Comment ça se fait? Que s’est-il passé au courant de l’évolution de l’humanité pour qu’une telle situation se génère?

 

J’appelle ma génitrice et je lui explique la situation.

Elle me dit :

-…

Bah, elle ne dit rien du tout! Puis elle change de sujet. On raccroche.

 

Alors voilà comment j’ai :

encore involontairement offusqué un humain dû à mon inaptitude au rayon «compréhension des codes sociaux»;

– perturbé mes propres pensées de façon abyssale dû à ma fixation sur les détails et ce, pour des heures à venir;

 -généré en ma personne un niveau d’angoisse non-négligeant, dû à la prononciation du prénom «Philippe».

 

 Mais sans blague, pourquoi ne dit-on simplement pas Ph«i»lippe?…

Voici quelques mots pour démontrer l’aberrance:

-philanthropie

-Philémon

-Philadelphie

-Philippines

 

Je n’ai jamais entendu un humain dire :

-phélanthropie

-Phélémon

-Phéladelphie

-Phélippines

 

C’est gravement déroutant…

Philippe était le nom d’un des douze  apôtres accompagnant Jésus-Christ…

Je me demande si Jésus l’appelait Ph«é»lippe?

 

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***À paraître en mars 2017 aux Éditions La Semaine***

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Un roman hilarant inspiré de ma personnalité en tant qu’autiste Asperger, vivant dans un monde neurotypique.

Un imprévu… Non, une catastrophe!

8h49 du matin, ma plus jeune est à la garderie et mon aîné à l’école. Tout est sous contrôle. Je suis à l’étage de la maison, dans le bureau. J’entame la suite de l’écriture de mon bouquin. Je suis indestructible, imperturbable devant mon ordinateur. J’ai 1 heure et 11 minutes devant moi pour écrire. Les idées bombardent mon cerveau, les mots tapissent le document Word à l’écran au fur et à mesure que je tape sur le clavier. Je suis en plein contrôle, mon hyper concentration me permet de travailler de façon optimale et impressionnante. Oui, cette capacité de concentration profonde est tout un avantage, surtout quand je m’adonne à l’écriture d’un sujet passionnant à mes yeux. Je me sens tel Sherlock Holmes devant une scène de crime toute fraîche!

Mais comme l’adage le dit; toute bonne chose à une fin…

Soudainement, j’entends un son en bas.

Je lève la tête, je fige et j’écoute. En l’espace d’une fraction de seconde, voici ce qui traverse mon cerveau: c’est un fantôme? Un voleur? Ma fille de 4 ans qui a réussi à revenir à la maison seule? Mon mari qui a oublié quelque chose? Ah non…ah fiente ce n’est pas vrai. NON!!!!! …

C’est la femme de ménage.

J’étais certaine qu’elle venait la semaine prochaine! Ça y est je suis complètement anéantie. Mon cerveau fait des courts-circuits, je tourne en rond comme une poule pas de tête, et ce, devant Carole la femme de ménage!

(La situation est que quand je sais qu’elle vient, j’ai une routine bien précise. Je range tout ce qui traîne une demi-heure avant son arrivée, je me prépare à partir travailler et au moment où elle franchit la porte d’entrée, moi je franchis celle de sortie. C’est systématique, comme un système, aucune dérogation possible.)

Alors, vous comprendrez que dans ce cas-ci non seulement ma routine avant-ménage n’a pas été effectuée, mais en plus je me fais couper ma séance d’écriture dans laquelle j’étais investie à un niveau faramineux.

J’étais à un niveau d’efficience de 200% et en l’espace d’une fraction de seconde, dû à un imprévu, mon niveau d’efficience est maintenant à -100%. Tous mes moyens se sont volatilisés en claquant des doigts!

L’émoi en moi continue…

Comment ai-je pu me tromper? Comment est-ce possible? Je devais écrire jusqu’à 10h00! Comment vais-je pouvoir continuer  d’écrire suite à ce changement inopportun dans ma routine? Sachant que Carole est en bas, je ne peux pas écrire comme ça! Comment vais-je me concentrer? Et là, j’ai déjà perdu 8 minutes. C’est abominable! Tous mes plans sont à l’eau! Ma vie est terminée!

Par chance, Carole me connaît. Oui, elle ne se sent pas offusquée du fait que je tourne en rond en me parlant et en disant à haute voix à quel point son arrivée perturbe totalement mon être, ma sanité et ma stabilité émotionnelle. Elle me dit de me calmer, je lui dis que je ne sais pas comment je vais m’en sortir, elle dit: «je peux m’en aller», je dis: «oui bonne idée». Je me dis qu’il est vrai que le plancher est dû pour être lavé. Je change d’idée. Je lui dis: «je devrais m’en remettre» même si je ne le pense pas, elle dit: «d’accord je m’y mets» et moi bien je fais le deuil de mon inébranlable concentration devant mon ordinateur, j’abandonne l’écriture et je pars travailler puisque je ne peux continuer d’écrire dans de telles circonstances…

Alors voilà comment un simple petit imprévu a :

-complètement anéantit ma sanité mentale, sans possibilité de retour à mon état de concentration préliminaire;

-intégralement déréglé ma stabilité émotionnelle et m’a dépouillé de toute motivation à continuer de faire ce que je faisais 8 minutes auparavant;

-réussi à générer un niveau d’anxiété de 9/10, c’est-à-dire qu’un peu plus et une réponse combat-fuite était de mise.

 

Dr Normand Giroux avait raison:

«Les autistes Asperger sont des géants aux pieds d’argile.»

…et voilà que je me suis effondrée.

 

 

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Un roman hilarant inspiré de ma personnalité en tant qu’autiste Asperger, vivant dans un monde neurotypique.

Aspie: le nouveau genre humain (partie 2)

Article paru au huffington Post Québec en février 2016

 

L’aspie, le nouveau genre humain. Souvent incompris par la société en général, l’aspie est doté de sens surdéveloppés, d’une passion innée à apprendre et d’une capacité quasiment machinale à créer des liens.

Bien que cela puisse sembler impressionnant, notre société, munie de normales sociales étroites et rigides, délaisse plutôt l’aspie dans l’ombre des tabous plutôt que dans la lumière de l’espoir de l’évolution.

Et si nous changions nos normes sociales? Et si nous reconnaissions que, bien que ce nouveau genre soit différent, il ne doive point être modelé comme les autres, juste pour qu’il… entre dans le moule?

Et si nous apprenions à vivre ensemble tout en acceptant nos différences? Et si on chérissait notre individualité, peu importe à quel point nos esprits divergent?

Et si les enseignants et la société reconnaissaient que ce nouveau genre doit être accepté dans son intégralité et ne pas être modifié de quelque manière que ce soit, pour permettre à l’évolution de suivre son cours?

Pourquoi enseignons-nous à nos enfants et louangeons-nous l’idée que les caractéristiques physiques ne devraient pas avoir d’importance? Nous ne tentons pas de modifier la grandeur des gens plus grands que la norme de façon à ce qu’ils correspondent à la grandeur moyenne des gens de leur communauté. Non, nous reconnaissons leur différence et les encourageons à devenir des joueurs de basket, de hockey, de volleyball ou de tennis. Nous les encourageons à utiliser leur différence particulière pour accomplir de grandes choses.

Il y a longtemps que nous avons cessé de punir les enfants gauchers afin de faire d’eux des droitiers. Au contraire, nous avons développé une panoplie d’articles pour répondre à leurs besoins particuliers, et leur différence est parfois un atout reconnu dans plusieurs domaines.

Pourquoi ne pas faire de même lorsqu’il est question de différences sociales et de différences au niveau de la pensée? Pourquoi n’enseignons-nous pas l’importance de la diversité neurologique?

Nous inculquons à nos enfants le respect de la différence. Qu’ils soient noirs ou blancs, grands ou petits, n’a aucune importance. Pourtant, lorsque surgit la question de la diversité neurologique, nous essayons de modifier ces enfants, de les contraindre à respecter le moule social existant.

Cette même société qui prétend que la couleur de notre peau n’a pas d’importance tente de changer les enfants possédant un esprit marginal, différent, pour les rendre «comme tout le monde», pour qu’ils «s’adaptent» en tout point à nos exigences sociales, et cela dans tous les milieux, de la garderie à l’école en passant par toutes les autres activités offertes à nos enfants.

C’est un peu comme si nous voulions tenter de prendre une personne de race blanche, et à l’aide de traitements médicaux la faire devenir noire. Sauf que dans le scénario qui nous intéresse ici, nous utilisons psychiatres et thérapeutes afin de modifier l’esprit d’un enfant pour qu’il corresponde à l’image de tous les autres enfants dans leur milieu.

À la boxe, nous avons des catégories de boxeurs de poids similaires et, ainsi, une variété de catégories de poids. Nous ne demandons pas à chaque boxeur de peser entre 140 et 150 livres.

Dans un zoo, nous gardons les tigres ensemble et les moutons ensemble, mais nous ne les mettons pas dans un même enclos. Nous n’essayons pas non plus de faire des tigres, des moutons. Cela devrait s’appliquer aux humains également.

Je comprends que lorsque nous mettons un aspie avec des neurotypiques, certains problèmes, surtout de nature sociale, pourraient survenir, mais ceux-ci sont en grande partie causés par les normes sociales étroites et rigides que notre société a établies et valorise.

Cela dit, il est évident qu’actuellement la seule action posée par la société pour les aspies est de tenter de les transformer en neurotypique. Cela va contre les lois de la nature, à l’encontre de ce que la nature veut, et de ce que l’évolution essaie d’accomplir.

Quelques précisions sont à apporter quant à l’analogie entre les animaux et les aspies. Nous ne gardons pas les moutons et les lions ensemble pour des raisons évidentes… l’aventure risquerait de mal se terminer pour les moutons. Nous, les humains, sommes, contrairement aux animaux, dotés d’une intelligence capable de raisonner. Nous avons la capacité de mettre en place des règles, des normes permettant aux gens de vivre en société dans un climat de paix et de respect mutuel. Avec le temps et l’évolution des sociétés, l’homme est toujours parvenu à modifier ces règles afin de les adapter aux nouvelles réalités de notre monde moderne. Aujourd’hui, dans la majorité des sociétés dites évoluées, les gens de différentes origines, de différentes religions, de différentes orientations sexuelles, sont capables de vivre en harmonie, ce qu’il y a une cinquantaine d’années aurait été impensable à plusieurs niveaux. Le temps est maintenant venu de modifier nos normes sociales afin d’accepter dans toute leur intégrité les gens représentant la neurodiversité… entre autres, les aspies.

Il est implicite dans le présent document, que les normes sociales ne doivent pas devenir inexistantes, car elles sont nécessaires afin que nous puissions vivre dans un monde pacifique et en harmonie les uns avec les autres. Ces normes ont simplement besoin d’être reconsidérées et modifiées de telle sorte que les différences sociales dans certains aspects de l’esprit deviennent … normales.

Nous devons changer la définition de normalité en ce qui concerne les personnalités et la neurodiversité.

La diversité neurologique représente ce qui doit devenir… normal.

Les aspies sont les œuvres d’art de Mère Nature, tout comme les grands artistes ont créé leurs œuvres magistrales. Différents, parfois choquants, mais un genre certainement innovateur muni d’un énorme potentiel. Ils sont, le nouveau genre humain. Une extinction volontaire de ce nouveau genre, en raison de normes sociales étroites et de la pression sociale pour la normalisation serait une tragédie. Nous devons les protéger.

 

 

Moi autiste Asperger – Le blogTanya Izquierdo Prindle

Aspie: le nouveau genre humain (partie 1)

Article paru au huffington Post Québec en février 2016

 

L’aspie pourrait être le nouveau genre humain. Un nouveau code génétique amélioré générant des sens surdéveloppés, un esprit qui reconnaît des patterns, qui voit des choses que les neurotypiques ne seraient pas en mesure de décoder, et cela même si on les leur pointait du doigt. Un esprit créant des liens machinalement, sans chercher, ni même y penser volontairement. Un esprit qui possède une inébranlable passion innée pour l’apprentissage et une curiosité intellectuelle incommensurable.

Bien que ce nouveau genre humain puisse sembler impressionnant à bien des égards, notre monde est-il prêt pour lui? Les normes sociales étroites d’aujourd’hui les font certainement se sentir exclus, au lieu de les accueillir à bras ouverts et avec acceptation. L’aspie concentrera tout son esprit sur l’apprentissage de nouvelles choses, de nouveaux concepts et n’acceptera pas de ne pas comprendre quelque chose. Ils deviendront des pionniers dans le ou les domaines par lesquels ils sont passionnés, au lieu de mettre leur énergie à tenter de se faire accepter socialement, puisque pour eux, l’aspect social de la vie n’a pas d’importance car celui-ci n’amène aucun bénéfice à leur recherche, leur soif de savoir.

Il est sous-entendu ici que certaines personnes atteintes du syndrome d’Asperger ont besoin de plus d’encadrement et d’attention en raison d’une certaine difficulté à fonctionner efficacement de leur propre chef dans notre réalité quotidienne. Il existe plusieurs niveaux d’Asperger, et les aspies ne nécessitent pas tous la même attention. Dans ce texte, il est question de l’aspie qui ne requiert aucun soutien particulier pour bien s’intégrer dans la société. Cet aspie est apte à contribuer de façon autonome et efficace à notre collectivité.

Alors que ce nouveau genre humain semble être une des clés pour trouver des réponses aux mystères de la vie et de l’univers dans lequel on vit, l’école et la société tentent de modeler ces merveilleuses créatures, en essayant de les faire entrer dans le même moule que tous les autres, indépendamment de leurs particularités, afin qu’ils deviennent des citoyens identiques aux autres.

Et si nous apprenions à chérir ces merveilleuses différences et à les nourrir, au lieu de les identifier comme étant un problème et de mettre en œuvre des moyens pour les étouffer ?

Afin de mieux saisir le sens de ce propos, imaginez les grandes œuvres d’art qui marquèrent leur époque, celles qui ont amené de nouveaux courants dans le domaine des arts. Que serait-il advenu si on avait pris toutes les œuvres de Picasso, de Dali, de Van Gogh, etc., et que nous les avions altérées dans le but de les rendre conformes à la réalité, afin qu’elles correspondent aux attentes, aux normes alors en vigueur dans le domaine des arts à leur époque ?

Imaginez quelle tragédie cela aurait été. Nous ne serions pas, aujourd’hui, munis de ces magnifiques œuvres d’art qui inspirent et qui ont changé, chacun à leur façon, le monde des arts. Pourtant, c’est ce qu’on fait aujourd’hui aux aspies, dans nos sociétés modernes, dès le moment où leur différence est identifiée et qu’on met en place des mécanisme pour les «conformer» à la société, et cela sans se questionner sur les conséquences de ce manque de reconnaissance et de compréhension sur la personne qu’est l’aspie.

Rien n’arrive pour rien. Il ne peut s’agir que d’une simple coïncidence que certains humains soient nés avec ces capacités étonnantes. Essayer de changer et modeler ces derniers afin qu’ils deviennent comme les autres pourrait être une des plus grandes tragédies créée par l’humain. Une perte totale de ce qui était censé être.

 

Moi autiste Asperger – Le blogTanya Izquierdo Prindle